Médée sur les planches : de Clemenceau à Wasserburg

ÉTABLISSEMENT
Collège Clemenceau

AUTEUR
Ghislaine Bendongué

EN SCÈNE
Collégiens

 

Recherche d’attitudes

 

ACCOMPAGNÉ PAR
Ghislaine Bendongué, comédienne

Karin Zugaro, professeure de français

Nadine Astor, professeure d’espagnol et danseuse

Sophie Blandenet, professeure de français langue seconde et référente du projet au collège

 

EN LIEN AVEC
Les ateliers théâtre du projet

 

ET LE SOUTIEN DE
L’Europe

 
 
 

Novembre 2025, une formidable aventure va commencer avec des doutes, des peurs, des inconnus. Créer une pièce de théâtre autour du personnage mythologique de Médée.

Rencontre avec le groupe de l’atelier théâtre qui découvre le projet THALIE ERASMUS+ : les élèves vont partager avec 4 autres ateliers théâtre (France, Grèce et Allemagne) leur vision du mythe de Médée en Allemagne – Wasserburg – en Mars 2026.

Objectif: créer et présenter Médée au bout d’une semaine à Wasserburg, toutes scènes et langues confondues. Chaque classe européenne doit créer une pièce sur Médée et présenter au moins 3 scènes à Wasserburg. Un projet énorme. 

Il s’agissait de découvrir le mythe, le texte d’après Euripide, sa compréhension, mais aussi des adaptations de Corneille, Anouilh, etc.

Qu’allions nous faire de ce mythe qui a tant de similitudes avec des personnages, des actes, des tranches de vie du quotidien dans notre XXIème siècle ? Au départ, petites difficultés de compréhension de texte pour les allophones, mais par le jeu d’improvisation, du travail de chœur et de corps, les langues se délient, s’entrelacent, se comprennent, se complètent et s’entraident. Vient alors la création d’une langue imaginaire commune. Transcrire des scènes à  partir d'un texte d'origine mais jouer de façon moderne accorde tous les comédiens en herbe: les élèves proposent. La musique et le travail corporel donnent aussi à s'exprimer.

Nous avons donc fait le choix d’une réécriture plus contemporaine, plus évidente et plus parlante pour des élèves de 3ème.

Répartir les personnages, former un groupe chœur, insérer nos propres mots, nos propres idées de jeu, sans oublier la possibilité de s’exprimer avec des langues différentes. Tâches difficiles dans l’écriture scénique et l’apprentissage : nous travaillons scène après scène. Les ateliers s’enrichissent de motivation, de propositions, d’efforts, d’écoute et de compréhension d’abord entre nous les intervenants, entre les élèves eux-mêmes et entre les élèves et nous.

Je pense que les élèves ne se projetaient pas sur l'événement qu’ils allaient vivre avec les autres élèves européens, comment la pièce Médée allait-elle être construite, réalisée avec toutes les scènes venant des cinq établissements et toutes les langues parlées européennes voire mondiales !

Nous partons pour Wasserburg avec nos trois scènes choisies presque abouties.

Sur la première journée, défis énorme pour l’atelier théâtre de Clemenceau (et les autres groupes) où tout se joue sur l’inconnu: autres lieux, autres langues, autres humains, autres émotions qui convergent tous dans la même direction : faire cohabiter sur une même scène des comédiens en herbe s’exprimant dans des langues radicalement différentes. Un puzzle linguistique, la crainte de perdre le fil de la pièce.

Moment magique, suspendu, dès cet instant, tous les élèves se comprennent, échangent, veulent jouer dans les scènes de chaque groupe. Magie du théâtre. Il semblerait que oui, le théâtre possède ce pouvoir magique de transcender les barrières  linguistiques.

Soudain, le plurilinguisme devient un formidable moteur de créativité et permet de nouvelles formes d’expressions… Aller plus loin que l'horizon. 

Durant tout la semaine les groupes d’élèves, les enseignants et les intervenants théâtre travaillent ensemble, se croisent, établissent des liaisons et créent la pièce Médée pour eux, pour Wasserburg ! L’aboutissement de ce travail a balayé tous les doutes, les inquiétudes, pour laisser place à un pur moment de fascination.

Les mots, les corps, les déplacements, les émotions, les regards, le rythme des comédiens, bref, la mise en scène, sa fluidité a su transformer la diversité linguistique en un exercice de jonglage, comme une partition musicale.

En réunissant ces élèves à travers le prisme du spectacle vivant, « le Club des 5 » a soulevé le fait que le théâtre possède ce pouvoir magique de générer une compréhension immédiate et profonde, quel que soit l’idiome utilisé.

Jouer Médée à 15 ans, c’est accepter de regarder le feu en face. En une semaine de création commune, les élèves ne se sont pas contentés d’apprendre un texte, ils ont aussi traversé la colère, la passion, la condition humaine. Ils ont accepté de prêter leur voix à la tragédie.

On dit souvent que le théâtre est l’école de la vie. Face au mythe de Médée, nos élèves ont fait preuve d’une audace incroyable. Je pense qu’ils se sont quittés l’esprit ouvert, le bagage culturel plus riche et grandis par cette aventure humaine et linguistique.

Merci THALIE et à toute l’équipe organisatrice pour sa confiance et tous les plaisirs qui ont accompagné cette aventure, ce projet mémorable.

« Le théâtre est un point d’optique. Tout ce qui existe dans le monde, dans l’histoire, dans la vie, dans l’homme, tout doit et peut s’y réfléchir mais sous la baguette magique de l’art. »
— Victor HUGO, préface de Cromwell
 
 
 
 

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